Gloria ou l’ascension d’une chanteuse entre amour et vengeance

Episodes: 50
Année de production:2010/2011
Na Jin Jin (Bae Doo Na) est une jeune femme qui vit avec difficulté, cumulant de nombreux boulots pour faire vivre sa sœur qui est handicapée mentale. L’histoire raconte son évolution et celle de son entourage, à commencer par Ha Dong Ha(Lee Cheon Hee) son ami d’enfance qui estime que sa vie n’a pas de lendemain, travaillant ainsi en tant que videur d’un cabaret et jouant le gangster de son voisinage. La vie de ces deux personnes va changer, Na Jin Jin se découvrant un don pour le chant mais aussi en faisant la connaissance du fils illégitime d’un chaebol, Seo Ji Seok (Lee Kang Suk) qui a toujours été considéré comme le mouton noir de la famille et qui rejette absolument toute référence à l’amour. Ha Dong ha va également rencontrer une jeune fille, enfant illégitime issu d’une famille riche, So I Hyon (Jung Yeon Seo) , qui ne voit aucune raison de vivre et tente plusieurs fois de se suicider. Ces quatre personnages désespérés vont tisser des liens entre eux, voyant dans l’autre la possibilité d’une vie meilleure. A cela s’ajoute un mystère autour de la mort des parents de Na Jin Jin et du passé de sa sœur qui semblent bien plus complexe que leur réalité…

Entre suspens, romance et chanson, ce drama mêle une ambiance à la fois très colorée mais aussi très noire par un passé trop prégnant. En effet, l’histoire s’ouvre sur la situation complexe et déchantée à laquelle l’héroïne doit faire face, cette dernière étant sans repère précis, sans espoir de lendemain et avec l’obligation de s’occuper de sa sœur qui est entièrement dépendante d’elle du fait de sa maladie. Si le tableau peut sembler plutôt décourageant, nous retrouvons les traits typiques de l’héroïne coréenne qui se dépense sans compter pour mener sa vie et celle de sa famille et qui bien évidemment positive sa situation. Ainsi pas de véritables surprises du côté du scénario mais davantage dans l’atmosphère. En effet, le cabaret rassemble une ribambelle d’employés qui vivent déjà sous le même toit (Jin Jin ayant déménagé) et leur quotidien est décrit de manière très agréable, pleine d’humour mais aussi de tension du fait même que ces personnes souffrent de leur situation. L’avantage des cinquante épisodes est d’ailleurs le fait que tout est extrêmement bien développé.Il me faut cependant scinder le drama en deux puisque le scénario vers les épisodes vingt prend un tournant plus mystérieux et tendu: ainsi une première partie pourrait être la découverte de son talent par Na Jin Jin et sa lente ascension dans le monde de la chanson et une deuxième qui met en scène le passé comme outil de trahison, de violence et de vengeance (j’essaie de ne pas trop en dire car ce serait dévoiler la trame majeure du drama). Bref, une histoire à multi facettes qui rend le tout passionnant!

Bae Doo Na qui joue le rôle de Na Jin Jin est excellente: cette actrice à une présence particulière et sait rendre son personnage complexe. Son rôle a cette difficulté de passer d’un extrême à l’autre, entre joie de vivre et ressentiment absolu. Si certaines de ses décisions m’ont paru très égoïstes, vis-à-vis de sa sœur mais surtout de l’homme qu’elle aime, son passé comme son présent l’explique. Et je dois dire que la beauté de son rôle est justement de mettre en valeur tant ses défauts que ses qualités, d’une manière très réelle et presque argumentée au vue de la vie qu’elle a vécu et des obstacles qu’elle a franchi. Je l’ai trouvé très différente des autres héroïnes de drama dans le sens où le scénario ne cherche pas à la rendre attrayante mais juste humaine…
Face à elle, Ji Seok ne possède malheureusement pas le mordant des acteurs qui s’impose à l’écran, son personnage m’ayant laissé dubitative pendant près de 20 épisodes…Cependant, sa maladresse lui confère un petit charme et les lacunes de son jeu se sont peu à peu évaporées au fur et à mesure que le drama se complexifie et devient palpitant. Surtout, voulu ou inconscient, l’acteur impose un calme, une sérénité autour du couple, rendant son personnage mature. Pourtant, comme quoi le paradoxe est fréquent,sa relation avec Na Jin Jin développe à la fois ce dernier aspect mais aussi une spontanéité plus enfantine, un côté coquin qui l’approche plus de l’enfant. Et il faut avouer que c’est lui qui équilibre le couple, toujours présent et attentionné, même quand sa dulcine le repousse. J’en profite pour dire que j’admire sa compréhension mais un petit coup de gueule lui aurait été salutaire!

Eh oui, il n'a pas l'air comme ça...
L’autre couple que forme Cheon Hee et Yeon Seo a davantage retenu mon attention. J’ai vraiment eu un coup de cœur pour l’actrice qui a un petit quelque chose de pétillant dans le regard, une sorte d’humour dans sa façon de jouer. Son personnage est particulièrement attachant, surtout quand elle commence à se découvrir elle-même et la beauté des gens qui gravitent autour d’elle. Son contact avec les autres personnages est très naturel, il émane ainsi d’elle une affection profonde pour les gens qui l’entourent.
Dong Ha possède lui un côté je-m’en-foutiste qui se mélange à une sorte de tendresse d’ours (un peu bougon, un peu guimauve) que j’ai retrouvé dans Smile You. Dans une même démarche, I Hyon lui a ouvert les portes d’un futur possible et son personnage devient peu à peu un homme mature. Très sensible mais très introverti, ses réactions face à la tendresse de I Hyon sont justes comiques, sa fascination pour elle étant évidente mais s’entêtant à la rejeter. Bref, un couple mignon qui aime à se taquiner et à partager des moments de complicité. Leur romance ne sort absolument pas de l’ordinaire, les écarts de classes et la nature indécise de nos héros coréens amenant un certain nombre de scènes conformes et prévisibles. Chers scénaristes, libérez vous de vos chaînes! Si ce couple par bien des aspects a une alchimie, c’est surtout par le soutient que constitue chacun pour l’autre. Dans une période de désespoir, ces deux personnes découvrent une autre manière de voir le monde et de le vivre et leur histoire m’a réchauffé le cœur.

Ici, j’aimerai m’arrêter un instant sur toutes les scènes qui regroupent les quatre acteurs principaux: ils ont une complicité et une décontraction, c’est juste dingue. On sent derrière les personnages ce que pourrait être leur relation sur le plateau (suite au visionnage de quelques vidéos, je confirme!), une atmosphère très plaisante planant au-dessus d’eux. Bien sûr leurs liens se tissent dans l’entraide mais aussi dans une sorte de compétition toute gamine, les personnages féminins brandissant leur “homme” comme un tableau de score, pour au final compter les points…
En personnage secondaire, nous avons le grand frère joué par Lee Jong Won qui est bluffant de méchanceté et de stupidité. Dire de lui qu’il est machiavélique est un peu grandiloquent mais je dois admettre qu’il m’a inspiré par plusieurs fois du dégoût, surtout dans ses relations avec les femmes (en même temps compréhensible quand on voit la mère qu’il a…). Sa mère est d’ailleurs, je le dis sans méchanceté et sans jugement(hem), une vieille peau qui ne voit que son fils et l’avenir de son entreprise chérie: yeux fermés, loin du cœur et inaudible, le monde qui l’entoure est un flou complet puisque le monde pour à elle, c’est le sien. Son mari n’est ni détestable ni admirable, seulement un être humain plein de faiblesse qui fait souffrir les gens autour de lui, à commencer par “ses” femmes, un gamin de 50 ans qui fait un bilan et se rend compte qu’une vie a bien plus de valeur qu’il n’y parait. Si la figure du père s’humanise tout au long de l’histoire bien qu’il n’est aucun pouvoir de décision et aucune volonté, sa femme au contraire se diabolise, devenant une mégère de première, aveugle devant les actes de son fils. Ce dernier est plutôt convaincant dans son interprétation mais son rôle est trop cantonné au méchant sans cœur, une once d’humanité l’aurait rendu plus crédible.
J’ai beaucoup aimé la mère de Ji Seok qui par bien des aspects est celle qui m’a le plus surprise. Elle possède quelque chose de dur et d’insensible dans sa manière d’être, mais son attitude face à Jin Jin ou à son fils m’a plu: sans épanchement de tendresse ni écœurant de bonne intention, son personnage a ses faiblesse et son caractère, ce qui rend ses relations sincères et authentiques. Le monde occulté dans lequel elle vit, maîtresse montrée du doigt et condamnée par une société hypocrite, ne facilite pas ses relations avec son fils. Leur relation change alors même qu’ils apprennent à se connaître et à se comprendre, l’un comme l’autre cherchant à protéger l’être cher qu’ils sont devenus. Son rôle évolue également vers celui de “mère adoptive” de Jin Jin, toujours prête a lui donner des conseils ou a lui remonter le moral. Le caractère des deux femmes étant affirmé et têtu, leur relation était un vrai délice!

La sœur de Jin Jin n’a pas un rôle facile et je trouve qu’elle s’en sort très bien mais le retournement de situation autour de son personnage est trop gros et son caractère s’amenuise petit à petit pour devenir sans valeur, mise de côté par le scénario, cantonné à un rôle incompréhensible. Quelle être humain ressentirait de la pitié pour le diable en personne? Eh bien nous avons trouvé l’élue qui embrasse son ennemi! J’aimerai dire que je comprends ses sentiments face à cette situation qui est, disons le, certainement la plus déchirante de toutes les autres dans ce drama. Mais juste ciel! Je n’aurais certainement pas son indulgence…
Bilan:L’histoire est ainsi attrayante car met en jeu des personnages très diversifiés et attachants. Les vingt premiers épisodes ont cependant était un peu long à démarrer, l’histoire prenant un tournant à ce moment là. Les souvenirs du passé ressurgissent, les relations entre personnages évoluent, la trame se complexifie, le tout a réussi à m’absorber et j’ai passé d’agréables moments. Histoire prenante donc, qui sait mêler agréablement romance et suspens. Même si le drama a ses hauts et ses bas, j'en garde un souvenir d'originalité, en raison de son ambiance singulière et du sujet même de l'histoire. Les dix derniers épisodes sont un cri de victoire quand on sait que les trente précédents ont été une torture et une attente sans fin de voir la chute du frère: c’est bien une descente en Enfer…
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